
On pourrait imaginer rencontrer un jour cette chimère sur le pont d’un bateau de pêche dans la Manche, sortie de la mer, piégée dans le filet qui remonterait tout droit de la décharge sous marine de la fosse des Casquets…
Non, je préfère l’imaginer barbotant dans des eaux claires plus lointaines, comme celles des abords de la plage de Zuma beach.
Là, on la distingue très bien à une vingtaine de centimètres sous la surface miroitante de l’eau.
Elle est posée sur le sable avec sa belle couleur rouge semblable au maillot une pièce de Pamela Anderson dans » Alerte à Malibu « …
Observations:
Pamelus Andersonus ressemble aux euryptérides, un groupe d’arthropodes disparu il y a 252 millions d’années.
Elle est munie de trois paires de pattes locomotrices (péréiopode) et une paire de pattes modifiée en nageoires (pléopode natatoire).
À l’extrémité de l’abdomen une paire d’uropode sert de gouvernail à l’animal lorsqu’il nage en pleine eau.
La tête est composée de quartes paires de pièces buccales (maxillipèdes) utilisées pour la nutrition. La paire yeux composés dits aussi « yeux à facettes » est de type schizochroal. ils sont formés de grandes lentilles épaisses recouvertes chacune de leur propre cornée comme chez certains trilobites.
Au dessus des yeux sont présents deux appendices sensoriels articulés mal définis. Ils pourraient avoir soit une fonction liée à la vision (projection d’une ombre à la surface de l’œil), ou de ventilation thermique, voir mécanique (évacuation des sédiments).

Cher professeur Richard, Vous faites bien de rappeler l’histoire de la fosse Casquet situé dans la Manche. L’actualité nous ramène continuellement à Thomas Gasquet et Richard Pesquet, ou l’inverse, on ne sait plus, en nous focalisant sur l’espace et les cours de tennis. L’espace serait chargé de satellites et de déchets de fusées circulant autour de l’orbite terrestres, et non des trilobites marins de la fosse Casquet vivant parmi les déchets radioactifs et autres produits chimiques.
Vous préférez comme votre contemporain Richard, les airs et les eaux non pollués tout en nous rappelant l’alerte à mal-y-pense des hommes sans scrupules. Mais êtes vous sûr que votre Pamelus Andersonus évoque le bikini rouge de Pamela ? Ne serait-ce pas plutôt la Petite sirène ou la Petite Ondine du conteur danois Andersen? J’ai entendu chez vous, cher professeur, votre concubine ou votre femme qui était habillée en rouge, s’exclamer à l’heure du diner : « On dine, il y a des crustacés à manger ce soir. »
Les défenseurs de l’art des musées ou de l’esthétique du Beau portent en eux, comme le formule très bien Antoni Tàpies, « l’odeur de cadavre des musées. » C’est peut-être une réponse qui expliquerait pourquoi le poète attardé Arthur Sansonnet est attiré par votre site. Pourquoi portez-vous un intérêt à aux débris de toutes ces bestioles ou aux fossiles du Cambrien en faisant croire que l’on peut ressusciter la dimension du passé pour pratiquer un art obsolète ? Utiliser le Cambrien pour faire de l’art Contemporain, n’est-ce pas de la pure folie ? J’ignore à quel mouvement artistique vous appartenez ; peut-être un syncrétisme de l’Hyper-réalisme et de l’art Brut. Vos récits feraient dans la Mythologie personnelle et les protagonistes de vos historiettes se trimbaleraient au sein du Land’art marin. Je ne vous l’apprends pas cher monsieur, les nouvelles créations sont orientées vers l’avenir, et vers les problèmes écologiques de la société de consommation. De nombreuses installations prennent en considération la perte de biodiversité, de la dégradation de la nature, de l’évolution de la démographie, de l’urbanisation galopante des villes, de la déforestation, de l’agriculture intensive, de la montée des eaux et de la pollution par les déchets plastiques dont se nourrit l’art d’aujourd’hui. Il ne faut s’étonner de voir des déchets, des matériaux de récupération, et des explications alambiquées dans une exposition d’art contemporain. L’art Contemporain est aussi un outil de compréhension et d’analyse des dysfonctionnements de notre société dans son rapport à la nature. Il aide à sensibiliser le sauvetage de la planète de l’anthropocène.
Ces expositions sensibilisent les spectateurs avertis sur les voies nouvelles empruntées par les artistes. L’art Contemporain pose les jalons d’une nouvelle représentation des choses capables de donner à notre culture moderne et postmoderne un sens nouveau qui ne peut pas se trouver dans le Cambrien. Le sens d’une œuvre n’est plus dans l’œuvre elle-même, comme dans l’art obsolète des musées, des châteaux et des églises, mais dans la recherche d’une explication signifiante qui correspond à acquiescer à l’histoire de l’art Contemporain et à son nouveau paradigme culturel qui interroge le rapport culture/nature.
Thibaut Combeau
Les temps changent. Autrefois, il y avait dans une rue que je ne nommerai pas, un café qui s’appelait le « Café de la Flotte.» Par temps de pluie, il fallait avoir son imperméable ou avoir son parapluie, pour boire un coup. Depuis il a été fermé pour des causes d’insalubrité publique. « C’est un signe des temps ! » disait le buraliste, « les gens aime leur confort. » Dans cette même rue, deux autres cafés se sont installés. Ils ont pris des noms évoquant le corsaire malouin Duguay-Trouin, natif de cette ville. Le premier café s’appelle « Le gai troué », et le second « Le gai groin. » Le premier est un café « homo ». Beaucoup de personnes précieuses, toujours bien habillées, et toujours prêtes à faire des mots d’esprit, se retrouvent dans cette antre pour se divertir en communauté. « Il faut accepter l’ouverture de ce café. C’est un signe des temps ! » disait le buraliste avec qui je m’étais entretenu de choses banales sur des faits de société.
Le café du « Gai groin » avait mauvaise réputation. Il avait ses éternels habitués dont trois donzelles. Sarah Cole, Sarah Pine & Sarah Quette. Les trois Sarah dont le centre de gravité de leur intellection ne dépassait pas le ventre et le bas-ventre. Ces féministes au cœur d’artichaut de Bretagne, dont on avait retiré du ciboulot la moindre idée religieuse et morale, épousaient, non leur conjoint devant le maire et le curé, mais les excès permissifs de leur époque. Elles s’intéressaient aux faits divers scandaleux liés à la drogue et au sexe, et aux modes éphémères du plus mauvais gout. Elles poussaient leur narcissisme à l’extrême pour se faire remarquer et être vues des bien-pensants, ou du moins ce qu’il en reste. Cette minorité n’est pas défendue par la société, à l’instar des autres. Elles ne ressemblaient plus aux petites bourgeoises délurées qui avaient encore un peu de savoir-vivre ni aux petites dindes que l’on pouvait croiser, il y a trente ans. Je n’évoque pas la romantique Elsa de Brabant, c’est antédiluvien pour nos contemporains. Ils ont la mémoire déformée par l’histoire enseignée sans repère chronologique. « C’est un cygne d’étang » dirait Wagner après avoir composé Lohengrin, le chevalier au cygne, (ne pas lire « l’eau en grain ». L’eau distribuée en bouteille est à l’état liquide.) Aujourd’hui sans morale et sans éducation, elles avaient seulement des valeurs : celles d’avoir ses propres valeurs inconciliables avec les autres au sein des valeurs universalistes de la République. Comme le confiait le buraliste : « C’est à rien ni comprendre : Sarah Jeunipas s’est fait un lifting, Sarah Monage s’est fait abuser par son entraineur sportif et Sarah Biboche a renoué avec son ex. C’est un signe des temps !» Je lui répondis : « Notre faculté de juger est impuissante à juger. Il est même inutilisable. Notre tolérance est aussi coincée que la morale bourgeoise du Second-Empire. » Le buraliste : « Ah ! Je n’y avais pas pensé. Vous avez peut-être raison. » Je lui répondis : « C’est un signe des temps, de ne pas comprendre les mœurs de notre époque, puisqu’on n’a plus le droit de juger sensément. »
Dans ce café, on pouvait également rencontrer des habitués, comme le navigateur qui avait pris l’habitude de perdre toutes les courses maritimes auxquelles il participa. Il n’avait jamais pu atteindre Pointe à Pitre dans ses participations à la course transatlantique appelé la « Route du rhum ». Cette course part de Saint-Malo jusqu’à Pointe à Pitre, un port de la Guadeloupe. Il avait autant de surnoms que de défaites de courses. Les uns l’appelait le Pitre des mers, coque-au-soleil, quille-en-l’air, l’étrave échoué dans un champ de betteraves, le bateleur des iles désertes, l’argonaute de la toison en papier mâché, pour les autres le tournesol des mers, le looser des mers, le touriste des sauveteurs en mer, le Poséidon des mers desséchées, etc. Il était un miraculeux de la mer et s’en vantait tellement qu’il arrivait de broder sur un sujet qui ne fait pas la gloire de la marine française. Il expliquait à ceux qui voulaient l’écouter, tous ces déboires devant une mousse de 50 cl, qui se vidait à mesure qu’il dégoisait, car à force de parler son palais se desséchait dans cette étuve où ne s’entendait plus.
Il détestait les anglais, ou plutôt sa marine qui infligea de nombreuses défaites à la marine française. Il faut ajouter qu’il fut élever dans l’anglophobie qui régnait quant il était encore bébé. A l’époque de sa naissance, il restait encore des reliquats des multitudes de phobies que existaient sous a III° République. Aujourd’hui c’est très mal vu. « N’affichez pas vos phobies, disait le buraliste, c’est un signe des temps ! ». Ce navigateur, épris de vitesse et de courses, avait pris, semble-t-il, le symptôme de la défaite à cœur, et en tirait une certaine arrogance. Il était le winner des naufrages en mer, de toutes les mers et de tous les océans. « L’esprit de compétition : C’est un signe des temps ! » disait le buraliste. Il raconta une énième fois qu’il put contempler la nature et examiner les animaux qui habitaient les iles désertes. Un jour, sur une ile déserte, il surprit l’amour d’un loup pour un phoque, et cet amour avait engendré le « louphoque », une espèce hybride disparue, selon ses dires. Après maintes réflexions, il soutenait que ce fait observé démentait la théorie de la sélection naturelle de ce garnement de Darwin, un anglais. Il préférait les théories du français Leclerc de Buffon. Il répétait à loisir : « N’avez-vous par remarqué que Charles Darwin a encore les stigmates de l’animal qui marche à quatre pattes. Non seulement ce bipède a deux pieds, mais il a des pattes sur les joues qui descendent sous la bouche. Si Darwin avait été un mannequin dans une maison de couture, il n’aurait jamais inventé une telle théorie.(…) La sélection naturelle où la reproduction naturelle animée par l’amour est absente de son célèbre livre : L’origine des espèces. Elle est réduite à la propagation de l’espèce.» – « C’est un signe des temps » comme dirait le buraliste, « Darwin n’a pas tenu compte du réchauffement climatique et de son effet sur la reproduction naturelle. » Aujourd’hui tout le monde aime Darwin, non pour sa beauté, mais pour ces vues, et tout le monde parle anglais et en franco-english, non pour l’amour de la langue anglaise inaudible et imprononçable, mais par nécessité. « Nécessité oblige », comme disait mon arrière grand-père que je n’ai pas connu. Le nom de Darwin est connu pour son cratère, son télescope, son canal. On a donné son nom à une grenouille, à un nandou, à un pinson, à un renard. Il a même donné son nom une cordillère, à des rues, à un port, à un parc, à une ville, à des collèges. Son nom n’a pas été associé aux arthropodes, bien qu’il étudiât les cirripèdes, une branche secondaire des crustacés. Aucune « chimarea » ne porte le nom de Darwin. Est-ce qu’il existe cher professeur une « chimarea darwinarea ». Apparemment non. « C’est un signe des temps » dirait le buraliste, « les gens vivent avec d’autres chimères ».
Après, avoir quitté le buraliste, et ayant un creux à l’estomac, je suis allé manger le plat du jour dans un troquet: de la joue de porc accompagnée d’une ratatouille. La cuisinière s’appelait Sarah Tatouille, j’ai passé la nuit avec elle. Je peux avouer que Sarah Tatouille est bonne. Morale de l’histoire : l’amour est sauf.
Un malouin.
Je ne connaissais pas le « Café de la Flotte » ni rencontré votre débitant de la loterie Nationale.
J’ai toutefois entendu parler d’une certaine Sarah Du Front.
( Populaire, de mer ou nationale, j’ai oublié. )
Comme vos trois donzelles elle avait un centre de gravité proche du zéro absolu, mais elle se singularisait avec des couettes de part et d’autre de ce néant.
Il me reviens aussi une Sarah Tiboise qui avait ouvert un salon de coiffure avec des coupes très courtes en mai 1945 sur Saint-Malo.
Je n’ai pas eu la chance de m’entretenir avec votre navigateur, mais j’ai rencontré Mlle Sarah Do (de Laméduse) qui, elle aussi, avait souvent la quille en l’air.
Quant à moi, j’ai passé une nuit avec Sarah Violi.
Une blonde latrine parmigiano sauce piquante rencontrée chez Lidl.
Je ne sais pas si l’amour est sauf, mais en tout cas il donne soif.
En revanche, je n’ai jamais entendu parler de votre énigmatique Charles Darwin.
C’est certainement là aussi un singe des temps.
Le Loup et le Phoque.
Le loup affamé d’ardeur quitta la forêt pour chercher auprès du phoque un peu de chaleur.
Mais son désir de camaraderie lui valut un regard froid en retour.
Malgré le saumon offert et les hurlements amicaux, le phoque, méfiant, répondit d’un coup de crocs.
Le loup, déçu, rentra chez lui, le cœur serré.
« Fleurter avec un phoque ? Quelle absurdité !
Persuader une mouette de tricoter des écharpes, ou bien faire rire une huître serait plus aisé ! »